Plusieurs mois peuvent s'écouler entre le jour où une entreprise avance ses frais et celui où elle encaisse ses premières ventes. Céline Augusto, cofondatrice de la PME Green Family (marque Love & Green), revient sur son expérience et détaille les réflexes qu'elle en a tirés.
Le 31/08/2026
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Financer le stockage, payer ses fournisseurs rapidement, supporter les délais de paiement imposés par les distributeurs… Si la tension de trésorerie est parfois le signe d'une croissance forte, elle peut aussi s'installer dès la naissance d'une société, comme pour Love & Green. « Quand mon mari et moi avons lancé la marque il y a quinze ans, nous avons rapidement compris que notre capital n'allait pas suffire pour gérer les flux de trésorerie. » En cause, le prix du stock et les paiements à soixante jours imposés par la grande distribution.
« J'imaginais qu'une start-up comme la nôtre bénéficierait de conditions plus favorables… Mais non : il fallait sortir la trésorerie pour acheter nos produits, financer trois mois de stock et pouvoir supporter deux mois de paiement client. Cela représentait cinq mois d'avance de trésorerie, c'est énorme ! »
Céline Augusto, cofondatrice de Green Family (photo ci-contre)
Le BFR (besoin en fonds de roulement) est une question stratégique. Plus les stocks sont importants ou les délais de paiement longs, plus ce besoin en fonds de roulement augmente.
Pour Love & Green, le besoin d'affacturage s'est donc fait sentir dès le démarrage, le temps de gagner en rentabilité. « Notre trésorerie était à flux tendu pendant plusieurs années, le temps de négocier de meilleures conditions. Désormais, nous-mêmes payons nos fournisseurs sous soixante jours : ainsi, il ne nous reste plus qu'un mois de stock à financer », explique Céline Augusto.
De ces années de tension, la cofondatrice a retenu quelques bons réflexes. « Au début, j'ai minimisé l'aspect administratif du factoring. Dans un premier temps, c'est la Bpifrance, l’organisme public d’accompagnement des entreprises, qui nous a accompagné sur l'affacturage par souci d'économies. Rétrospectivement, je conseillerais de ne pas se focaliser que sur le coût : la charge de travail que cela représente en termes de comptabilité, car toutes les heures passées à cela sont des heures où l'on ne s'occupe pas du reste », recommande-t-elle.
Autre conseil : bien délimiter les termes du contrat en amont, notamment sur les paliers à partir desquels l’établissement de crédit demande des documents supplémentaires avant de valider une facture. « Si la négociation s'avère bloquée en début de contrat, ne pas hésiter à se donner quelques mois avant de reprendre les discussions : les termes du contrat ne sont jamais figés », précise-t-elle. « Il faut considérer le factor comme un nouveau partenaire financier aussi important que votre conseiller bancaire, avec qui on va échanger au long cours, instaurer une relation de confiance, faire des points d'étape régulièrement », conclut-elle.
Avec le recul, Céline Augusto estime surtout qu'un dirigeant ne doit jamais voir la trésorerie comme une simple conséquence des ventes. Anticiper son BFR, c'est aussi se donner les moyens d'accompagner plus sereinement la croissance de son entreprise.
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